Lorenzo de Médicis n’avait qu’à » laisser le soleil se lever et se coucher pour voir fleurir autour de lui toutes les espérances humaines « . Mais, dans la nuit du Colisée, il a rêvé de devenir un nouveau Brutus. Comment ? En délivrant Florence, sa patrie, de la tyrannie du prince corrompu, Alexandre de Médicis. Pour cela, il a endossé la livrée de la débauche. Mais il a si bien sondé les profondeurs de l’abjection que cette tunique de Nessus lui a collé à la peau. Lorenzaccio, » amalgame de fange et de ciel » c’est le drame romantique de la souillure, et de la lutte contre les impostures sociales. C’est aussi le procès du politique. L’asthénie de la cité florentine renvoie à celle de la France d’après 1830, où, toutes illusions perdues, les grands idéaux s’éteignent, dans la tristesse du désenchantement.

