Dès le début de ce roman, le lecteur est pris dans une atmosphère de violence et d’énigme. Qu’est-ce qui fait courir Albert Rhone, aventurier douteux, écrivain occasionnel de publications clandestines pornographiques ? Pourquoi est-il lié à des extrémistes révolutionnaires dont les ombres s’agitent sans but réel ? Pourquoi commence-t-il une dérive vers l’Italie où il est de plus en plus « pris » par une mécanique ou un réseau d’influences qui le dépassent jusque dans sa vie la plus physique, sexuelle ? Qu’espère-t-il obtenir sinon l’oubli ? Pourquoi boit-il tant, et de plus en plus, au point de parvenir à une sorte d’hallucination constante ? Réponse haletante dans ce récit, mené à toute allure, avec une volonté de jouissance de chaque détail concret. Marcelin Pleynet romancier ? Oui et très grand, dans la mesure où un grand romancier vous impose d’emblée sa vision, son rythme, ses obsessions, son mystère. On ne peut pas « lâcher » ce livre, on en est la proie. L’otage. Jusqu’au bout.

